« Le noir est beau, le noir est magnifique, le noir est génial, le noir est merveilleux, le noir est courageux, le noir est intellectuel, le noir est fierté, le noir est original. Le noir peut se combiner. En fait, le noir est Guinness Extra Stout. » Je suis Noir. Ma peau est sobre, d’un noir fluorescent, presque translucide à l’aube. Et pourtant, je me surprends souvent à chercher la lumière. Pas celle des projecteurs, non… celle du soleil. Juste un peu. Juste assez pour que cette peau effacée devienne chocolat clair, caramel clair… ou soyons honnêtes : moins noir. Ce que je ne comprends pas, ce que peu osent avouer, c’est pourquoi tant de gens comme moi paient cher pour se colorer, se dorer, se brunir… tout en rejetant ceux qui, naturellement, portent cette teinte avec splendeur. Ce paradoxe est non-sens esthétique. C’est une incohérence culturelle. Une sorte de schizophrénie collective qui aime le bronzage, mais craint la mélanine. Et en Afrique ? Le teint foncé est roi. Là-bas, les filles aux couleurs d’ébène sont des reines, et leur peau est un poème. Elle ne se cache pas. Elle ne s’excuse pas. Elle brille. Elle défie. Elle inspire.
J’ai toujours ressenti une force en moi, une vibration que je ne comprenais pas. Jusqu’au jour où j’ai appris que les grands-parents de mon père venaient d’Afrique. Une révélation. Ce n’était pas une coïncidence, ce n’était pas une illusion : cette force était héritée, transmise. Gravée dans l’ADN. Et tout à coup, la beauté noire, que je regardais de l’extérieur, est devenue une partie de moi. Soyez fiers, vous, les filles aux peaux sombres. Car vous portez sur votre peau les couleurs d’une terre ancienne, d’une sagesse profonde, d’une résistance noble. Vous êtes les descendantes de reines oubliées, de guerrières éclipsées par l’histoire, mais dont l’héritage brûle encore dans vos regards, vos mots, vos pas. Non, ce n’est pas une grande annonce pour les médias. Ce n’est pas une révélation Instagram. Ce n’est pas une performance. C’est juste la vérité. Et franchement, pouvoir faire un saut arrière avec double vrille tout en tenant un caniche ne vous rendrait pas plus impressionnante. Ce qui impressionne vraiment, c’est cette lumière que vous portez dans l’ombre. Ce courage tranquille. Cette beauté qui n’a pas besoin d’approbation. Alors non, je suis noir. Mais je vois. Et je respecte. Et parfois, je me perds dans la contemplation de cette peau d’ébène qui défie la logique d’un monde qui bronze pour paraître beau, mais nie la beauté du noir. Le noir n’est pas une couleur. C’est une constellation. Une force. Une mémoire. Une promesse. Le noir, c’est Guinness Extra Stout : profond, riche, intense, et impossible à diluer.
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