Le Cameroun vient d’accompagner à sa dernière demeure l’un de ses plus grands ambassadeurs du football : Emmanuel Kundé. C’est un pan de l’histoire sportive nationale qui s’efface, mais une légende qui, elle, ne disparaîtra jamais. Car un Lion ne meurt pas. Il se repose. Emmanuel Kundé, c’était la force tranquille d’une époque dorée, celle où le Cameroun faisait trembler les stades d’Afrique et du monde. Défenseur intrépide, il portait les couleurs nationales avec une ferveur silencieuse, sans fracas ni artifices, mais avec une efficacité redoutable. Il faisait partie de ces héros discrets, ceux qui parlent avec les actes, qui laissent les souvenirs parler pour eux. Son nom, prononcé avec solennité par les commentateurs des années 80 et 90, résonnait comme un cri de ralliement. Il faisait vibrer les foules, inspirait le respect sur la pelouse et incarnait l’excellence sportive. Son but en finale de la CAN 1988 contre le Nigeria reste l’un des instants les plus mémorables de l’histoire du football camerounais.

Ce penalty transformé avec assurance, ce moment suspendu dans l’histoire, résume tout ce qu’il fut : courage, sang-froid et amour du pays. Et pourtant, malgré un palmarès éloquent et un engagement indéfectible envers sa patrie, Kundé s’est éteint dans une relative discrétion. Loin des feux des projecteurs, il a vécu ses dernières années dans l’ombre d’une gloire que la nation aurait dû entretenir avec plus de constance. Cette vérité amère nous rappelle, une fois de plus, combien nos héros sont souvent mieux célébrés une fois partis que de leur vivant. Aimons-nous vivants. Car aujourd’hui, c’est toute une nation qui pleure. Et si les hommages affluent, si les mots se bousculent pour exprimer la gratitude tardive, la douleur reste vive : celle d’avoir oublié trop longtemps un homme qui n’a jamais cessé d’aimer et de servir son pays.

Mais le Cameroun, par sa ferveur, ses chants, ses larmes, a su se rassembler pour lui dire adieu. À sa famille, à ses proches, à ses coéquipiers d’hier, à toute la grande famille du football, nous présentons nos condoléances les plus sincères. Emmanuel Kundé ne sera jamais un nom perdu dans les archives : il est gravé dans le cœur des supporters, des enfants devenus grands en imitant ses gestes, dans l’histoire vivante de notre football. Il s’est endormi, paisiblement, en Lion. Et c’est ainsi qu’il demeurera dans nos mémoires, éternel, indomptable. Paix à ton âme, Kundé Emmanuel. Merci pour ton œuvre, merci pour l’honneur. Que la terre de nos ancêtres te soit légère.
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