Dans le grand livre d’or du football camerounais, on n’oubliera jamais le courage dont ce capitaine a fait preuve en prenant la parole pour redonner au football toute sa grandeur. J’ai toujours dit : ce pays, le Cameroun, n’appartient à personne. Et ce n’est pas parce que certains ont de l’argent et que d’autres se prosternent devant eux qu’ils doivent croire avoir le droit de faire ce qu’ils veulent, au mépris de toute logique. On ne brille jamais de façon intemporelle. La Fecafoot, dans son ensemble, démontre son incapacité intellectuelle à gérer les tensions, simplement parce qu’elle se perd dans ses propres illusions de grandeur.
Aujourd’hui, Vincent Aboubakar est la véritable voix de la raison, du bon sens et de la grandeur éthique de notre football. La Fecafoot, tout le monde le constate désormais, est devenue une véritable poubelle — pour ne pas dire un tas d’ordures. D’ailleurs, nos pays en regorgent : il n’y a pas que des déchets dans les rues, il y en a aussi dans les maisons et les institutions. Aboubakar a une mission dans l’équipe camerounaise, et il l’accomplira. On a dressé contre lui de nombreux obstacles pour l’écarter, mais le football a son Dieu, et ce Dieu est impartial. Comme tous les grands Camerounais du ballon rond, il fera son miracle. Il vient de prouver que l’art peut se jouer non seulement avec les pieds, mais aussi avec les mots.

Né dans la modestie, c’est un garçon qui n’a pour seul trésor que le football et l’amour de son pays. Il est, comme tant d’autres avant lui, un prodige aux dribbles envoûtants et aux gestes inspirés. Il nous a déjà offert une Coupe d’Afrique et des buts en Coupe du monde — c’est la révélation d’un génie. C’est un champion patriote. Il est une légende vivante, un ambassadeur du football camerounais et de la dignité, un symbole d’unité dans un Cameroun souvent déchiré par les humeurs et les tensions. Son action valait toutes les médailles, et son communiqué, toutes les leçons de grandeur. Son jeu est une poésie en mouvement : des passes comme des vers bien rythmés, des buts comme des éclats de joie. Il joue pour enchanter, non pour écraser ; pour unir, non pour diviser.

Sur le terrain, il est l’un des meilleurs ; en dehors, c’est un homme simple, enracinés dans ses convictions, habité d’une bienveillance que même la célébrité n’a jamais altérée. On ne doit pas l’abandonner pour quelqu’un qui ne joue plus et sachez que derrière lui il y a des millions de personnes qui le soutiennent. Vincent Aboubakar ne marque pas seulement des buts – il marque les cœurs. Il vient de montrer que le football est un langage universel, une religion sans dogme, une fête sans fin. Et même hier, son souffle a réchauffé le monde, son nom continuera de résonner dans tous les stades, comme un hymne à la beauté du jeu camerounais. À ce titre, la prise de parole de Vincent Aboubakar n’était ni une délation, ni un écart : c’était un acte de responsabilité.

Il parle avec la voix de ceux qui, au quotidien, vivent les dysfonctionnements internes, de ceux qui refusent de voir l’autorité se transformer en autoritarisme. Sa franchise n’est pas une attaque, mais un appel à la lucidité. Lui donner raison, ce n’est pas renier la Fecafoot : c’est rappeler que nul ne doit être au-dessus de toute critique, surtout lorsque l’intérêt collectif est en jeu. Le football camerounais mérite mieux que des querelles d’ego – il mérite des hommes d’honneur, capables de se remettre en question. Une fois cette étape franchie, il a retrouvé confiance… et a marqué deux buts. Nous le soutenons.