Les relations se tendent entre deux figures emblématiques des Lions Indomptables du Cameroun, le gardien André Onana et le défenseur Michael Ngadeu Ngadjui. Selon ce dernier, le célèbre gardien aurait joué un rôle décisif dans son éviction de l’équipe nationale, ravivant ainsi une vieille querelle entre gardiens qui remonte à plusieurs décennies. Cette situation n’est pas nouvelle dans l’histoire du football camerounais. En 1982, le défenseur Ndoumbé Léa, considéré comme l’un des meilleurs techniciens et défenseurs de tous les temps, avait été évincé au profit d’Onana Eloundou, un défenseur au style plus brutal qui évoluait à l’époque dans un club modeste « fédéral » de Foumban. Ce choix avait alors suscité l’étonnement du pays. Plus tard, on apprit qu’une manœuvre secrète impliquant les gardiens avait influencé cette décision. Toutefois, cette stratégie ne dura pas longtemps, et Ndoumbé Léa fit son retour en 1984, année où le Cameroun remporta sa première Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Aujourd’hui, certains estiment qu’un Onana pourrait bien en cacher un autre dans cette dynamique de rivalités internes. Dans le contexte actuel, Michael Ngadeu, souvent critiqué pour avoir pris la place de jeunes joueurs, est paradoxalement devenu un pilier de la tanière. De son côté, André Onana brille de mille feux, suscitant autant d’admiration que de controverses.
Lors d’une réunion semble-t-il, tenue à l’hôtel Hilton de Yaoundé et organisée par le capitaine Vincent Aboubakar, la tension a éclaté autour d’un sujet brûlant : le « braquage » du brassard de capitaine. Parmi les participants figuraient plusieurs cadres de l’équipe nationale, dont Christian Bassogog, Eric Maxim Choupo-Moting, Zambo Anguissa, Vincent Aboubakar, André Onana et Michael Ngadeu Ngadjui. Dans un échange vif, Ngadeu a accusé Onana d’être responsable de son absence à la dernière Coupe du Monde : « Je sais que mon absence à la Coupe du Monde, c’est ta faute. C’est toi qui as manœuvré auprès du coach Rigobert Song pour que mon nom soit retiré de la liste, et tu as voulu faire porter le chapeau à Samuel Eto’o. Tu as dit au coach que tu voulais des défenseurs capables de relancer le jeu au sol, et que, selon toi, je ne savais pas le faire. Pourtant, avec ton jeu au pied que tu chantes partout, dis-moi quel est ton apport en tant que gardien des Lions Indomptables ? Tu ne nous apportes rien. Nous avons remporté la CAN 2017 grâce à Fabrice Ondoua, qui était exceptionnel. Raconte donc tes histoires aux jeunes comme Baleba, qui n’étaient pas là en 2017. »
Cette dispute met en lumière des tensions sous-jacentes qui menacent l’unité du groupe, à un moment crucial où le pays se prépare à des échéances majeures, notamment les élections présidentielles. Plusieurs observateurs appellent donc à la retenue, soulignant que le football ne doit pas détourner l’attention des vrais enjeux nationaux. « Ce n’est pas le moment de se diviser avec ce genre d’affaires », a rappelé un membre influent du football camerounais. « Les problèmes actuels du pays sont bien plus importants. Ces disputes doivent être réglées en interne, en dehors des projecteurs. » Cette polémique entre deux lions indomptables rappelle que, même dans le sport, les rivalités personnelles peuvent parfois prendre le pas sur l’esprit d’équipe. Les stagiaires en journalisme pourront observer ici l’importance d’une couverture équilibrée, respectueuse des faits et du contexte, tout en donnant la parole aux protagonistes.
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