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Il est des sorties médiatiques qui laissent pantois, tant elles défient le bon sens et frisent le ridicule. La récente déclaration de Maître Michelle Ndoki, selon laquelle Madame Chantal Biya ne serait pas camerounaise, en est une illustration parfaite. Comment une avocate inscrite à deux barreaux, réputée pour sa brillante carrière et sa verve, peut-elle se laisser aller à une telle légèreté intellectuelle ? Madame Chantal Biya est née, a grandi et a toujours vécu au Cameroun. Sa mère est camerounaise, et nul ne peut sérieusement remettre en cause ses origines. Affirmer aujourd’hui qu’elle serait étrangère relève soit d’une manipulation politique, soit d’une volonté manifeste de distraire les Camerounais des véritables enjeux. Il est encore plus troublant de constater que cette déclaration émane d’une personnalité du monde juridique, censée incarner la rigueur et le respect des faits. Quand une avocate de renom se permet d’avancer de telles assertions sans fondement, ce n’est pas seulement sa crédibilité qui est en jeu, mais aussi l’image d’une profession tout entière. Nous avons eu honte, oui, honte qu’un tel discours vienne de la bouche d’une femme aussi médiatisée.

 

Par ailleurs, il est important de rappeler que le titre de « Première Dame » n’a aucune valeur juridique au Cameroun. Même si, par hypothèse, Madame Chantal Biya possédait une double nationalité (ce qui n’a jamais été prouvé), cela n’aurait aucune incidence sur la légitimité du Président de la République, seul élu du peuple. La Constitution camerounaise n’interdit pas à une Camerounaise d’avoir plusieurs nationalités. Pourquoi donc vouloir créer une polémique là où il n’y en a pas ? À travers ce type de sortie, l’on décèle un jeu politique dangereux : semer la discorde, diviser le peuple camerounais et détourner son attention des véritables défis, ceux de la gouvernance, du développement, de l’unité nationale. Cette stratégie de diversion, hélas, est connue : agiter des rumeurs, susciter des indignations, et espérer en tirer un profit politique. Mais les Camerounais ne sont pas dupes. Ils savent reconnaître les véritables enjeux et refusent qu’on manipule leur mémoire collective. L’histoire retiendra que Madame Chantal Biya, qu’on l’aime ou non, est une Camerounaise, fille de ce pays, épouse d’un Président, et qu’aucune rhétorique politicienne ne pourra effacer ce fait. Au lieu de dénigrer inutilement, il serait temps que nos élites, et surtout nos avocats, mettent leur intelligence et leur énergie au service des vraies causes : justice sociale, lutte contre la corruption, consolidation de l’État de droit.

 

Maître Ndoki aurait gagné en crédibilité en gardant le silence sur ce sujet plutôt qu’en jetant en pâture au public une déclaration aussi vide qu’infondée. Car, en définitive, ce qui est véritablement honteux, ce n’est pas la nationalité de Madame Chantal Biya, mais bien cette tentative maladroite de manipulation de l’opinion publique. Nos hommes et femmes politiques gagneraient à se cultiver davantage sur l’histoire, le droit et les réalités de notre pays avant de se lancer dans l’arène publique. La politique n’est pas un terrain de spectacle improvisé où chacun vient étaler ses approximations et ses émotions ; elle exige rigueur, connaissance, et surtout respect du peuple à qui l’on s’adresse. Lorsqu’on aspire à diriger, ou à influencer l’opinion nationale, on ne peut pas se permettre des déclarations qui révèlent un tel manquement intellectuel et patriotique. Le Cameroun a besoin de leaders responsables, instruits, conscients des enjeux réels et capables d’élever le débat. Nous ne pouvons plus tolérer que des personnalités publiques, censées inspirer confiance, viennent troubler l’unité nationale par des propos creux et maladroits. S’instruire politiquement n’est pas une option mais un devoir. Car un peuple mal dirigé n’est pas victime de son ignorance, mais bien de l’incompétence de ceux qui prétendent le guider. Disons que c’est de la vantardise propre à tout jeune  douala en mal de notoriété. Il ne nous reste plus qu’a lui dire, jolie avocate… circule.

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