Il faut saluer leur prouesse exceptionnelle. Après avoir suivi leur marche de bout en bout, je tire mon chapeau à ces deux jeunes hommes, véritables patriotes d’Afrique. Leur parcours a montré leur intégrité et leur lucidité. Nous avons assisté en direct à une journée de marche marquante, lorsqu’il quittait Toécé pour Kombissiri. Un moment ponctué d’un temps fort sous un arbre à palabres, où les autorités locales ont manifesté un soutien chaleureux pour la « Marche de la Fraternité et de la Solidarité ». Cet arbre, au tronc noueux et massif, porte les marques du temps avec gravité. Son écorce rugueuse et profondément craquelée témoigne d’anciennes blessures, tandis que ses branches dénudées s’élèvent telles des bras desséchés tendus vers l’infini. C’était ce mercredi 15 octobre 2025 à Bittou. La marche reprendra demain. Que Dieu bénisse l’Afrique ! Manuel et Phanuel peuvent désormais envisager tous leurs projets de marche. Sur leur route, ils ont traversé des paysages contrastés.

Ils ont croisé des arbres desséchés, presque fantomatiques, dégageant une dignité rare, comme des gardiens silencieux du temps. Ils ont rencontré des passants au caractère presque mythique, racontant sans un mot des histoires anciennes, ainsi que des paysans résilients portant leurs lourds fardeaux sur la tête. Ces silhouettes s’inscrivaient au milieu des hautes herbes vertes, créant un contraste entre vie et dépouillement. Ils ont marché seuls le long de routes asphaltées, un petit sac à dos noir en bandoulière, avançant avec assurance. Bien que leurs visages soient invisibles, leur démarche traduit une détermination profonde. Leurs pas les ont menés sur le bas-côté, entourés d’une nature luxuriante où les arbres et buissons bordent paisiblement la chaussée. Chaque fois que le ciel nuageux les surplombait, une atmosphère de calme et de recueillement les enveloppait, accompagnant silencieusement leur progression. Un tournant de leur périple s’est dessiné lorsqu’ils ont aperçu un camion et une moto, signes discrets de vie et de mouvement sur cette route reliant différentes régions et pays. Ces marcheurs, partis du Gabon vers le Burkina Faso, incarnent la force inébranlable de la volonté humaine face à l’immensité du voyage. Leur solitude sur cette route est le symbole à la fois des difficultés et de la grandeur de leur périple, un témoignage puissant et silencieux d’endurance et d’espoir.

L’esprit qu’ils portent semble suspendu entre vie et mémoire, une présence fragile mais forte, porteuse d’un mystère invitant à la contemplation et à la réflexion sur le temps qui passe et la puissance de la nature. Cette image capture un paysage paisible où la nature s’exprime dans toute sa simplicité et sa fraîcheur. À droite, un plan d’eau tranquille parsemé de végétation aquatique s’étend à l’horizon, reflétant la lumière claire d’un ciel immaculé. Ils ont vu des rives bordées d’une dense haie de buissons verts et sauvages, témoignant d’un écosystème riche et préservé. À gauche comme à droite, un chemin de terre longe la scène, bordé de terres, de boue et parfois de poussière, mêlés à quelques traces éparses de débris, rappelant la proximité humaine avec ce cadre naturel. Plus loin, des arbres robustes se dressent, apportant verticalité et ombrage, en contraste avec la vaste étendue lumineuse de l’eau. L’ensemble dégage une atmosphère de calme et de sérénité, un équilibre harmonieux entre terre, eau et ciel, invitant à une pause méditative au cœur de la nature. Manuel et Phanuel ont tout vu, tout vécu. Leur marche est un chant vibrant d’Afrique, un hommage aux racines, à la fraternité et à la solidarité.
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