En ce jour de fête, les Lions Indomptables ont offert au Cameroun une précieuse deuxième victoire, confirmant une montée en puissance progressive dans cette compétition. Si la rencontre s’est révélée moins percutante que les deux premières sorties, elle a néanmoins rempli un objectif essentiel : permettre au staff technique de jauger des joueurs jusque-là souvent restés sur le banc de touche. Ce match a aussi été celui de la délivrance pour Kofané, très attendu par les supporters, qui a enfin trouvé le chemin des filets. Auteur d’une prestation aboutie et décisive, il a logiquement été sacré homme du match, symbolisant cette jeunesse camerounaise pleine de promesses. Cette victoire ouvre désormais la voie à un choc face à l’Afrique du Sud, un adversaire de taille d’autant plus particulier que son entraîneur n’est autre qu’un ancien sélectionneur du Cameroun. Un gros morceau, courageux, porté vers l’avant, qui joue sans complexe, prend des risques et ne se cache pas. À ce stade de la compétition, il n’y a plus de calcul : soit on avance, soit on s’arrête. Tous les adversaires sont coriaces et chaque rencontre permet d’élever le niveau, de tester la valeur réelle de chaque joueur et la profondeur du groupe.

Le Cameroun a d’ailleurs montré qu’il dispose désormais d’un double effectif, avec au moins deux joueurs capables de répondre présent à chaque poste, comme l’a rappelé la prestation collective du jour. Certes, le rendement n’a pas été parfait, notamment au niveau de la défense et du milieu de terrain, moins inspirés sur certaines séquences. Mais ces points faibles identifiés sont autant de pistes de travail pour la suite. Car gagner une CAN ne se fait pas dans la facilité : cela passe par l’affrontement et l’élimination des gros calibres. Battre l’Afrique du Sud serait déjà une certification claire des ambitions camerounaises, celles de rentrer à Yaoundé avec le trophée. Et même en cas de succès, il faudrait ensuite se mesurer au Maroc, pays organisateur et favori déclaré, qui bénéficiera forcément d’un contexte particulier. Mais une CAN se gagne en affrontant les meilleurs, sans fuir ce qui doit arriver. Sur l’autre tableau, l’Égypte, le Nigeria ou encore le Mali attendent, preuve qu’il n’y a de facilité nulle part. L’histoire l’a déjà montré, notamment en 2017, lorsque le Cameroun avait aimé la difficulté, terrassé les obstacles les uns après les autres et s’était offert l’Égypte en finale. Aujourd’hui encore, malgré les doutes ou les paniques passagères de certains supporters, il faut se rappeler que la peur change de camp : beaucoup d’équipes redoutent désormais d’affronter le Cameroun.

La sérénité affichée dans le jeu, même après avoir concédé un but, témoigne d’une équipe sûre de ses forces, sans agitation inutile. Cette jeunesse inspire confiance et mérite encouragements et patience. Des images fortes, comme Dina Ebimbe remettant son maillot à sa maman à la fin du match, illustrent l’état d’esprit et l’attachement au maillot. En quelques semaines, le Cameroun est passé d’une équipe jugée incapable de battre l’Eswatini à une sélection capable de dominer le Gabon, de tenir tête au champion en titre et de s’imposer face au Mozambique. La progression est évidente. Il reste des ajustements à faire, des déchets techniques à corriger, davantage de rigueur à exiger de certains, mais l’essentiel est là : la détermination, la confiance et l’ambition. Comme l’a montré Kofané avec son sens du but retrouvé, chacun aura son rôle à jouer dans les jours à venir. Cette CAN est un marathon exigeant, et le Cameroun semble prêt à affronter n’importe qui, sans préférence ni crainte, convaincu que le titre se mérite au bout de l’effort. Allez les Lions.

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