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Le sang-froid qu’a eu ce monsieur pour prendre un couteau et l’enfoncer dans le corps d’un enfant qu’il voyait tous les jours est l’acte d’une personne qui ne doit plus vivre au milieu des gens. J’apprends qu’il déclare ne pas se souvenir… Imaginez laisser un tel individu dans la société, capable de « perdre la mémoire » et de retirer l’enfance à tout enfant qu’il rencontre. Le motif qu’il invoque pour sa défense est en lui-même une raison suffisante pour qu’il soit définitivement soustrait à la vie en société. Ce père n’a pas seulement fauté. Il a tué. Et il l’a fait avec une violence qui ne laisse aucun doute sur sa dangerosité. Ne vous y trompez pas : un homme capable d’un tel acte ne mérite ni excuses, ni réaménagement moral, mais une réponse ferme de la République. Ce père est dangereux. Il l’a prouvé. Et la justice camerounaise doit s’en souvenir. Il ne s’agit pas de vengeance, mais de responsabilité. Ne pas agir fermement aujourd’hui, c’est risquer d’ouvrir la voie à d’autres horreurs. Personne ne se réjouit des malheurs d’autrui, encore moins de ceux d’une fille que l’on admire pour son art et son engagement. Mais que cela soit clair : condamner l’acte d’un père, ce n’est pas condamner une personne. Ce n’est pas Lydol qu’on juge, c’est un homme qui a trahi une responsabilité publique. Le crime qui a coûté la vie au petit Mathis a choqué tout un pays. Un enfant sans défense, arraché à la vie de la manière la plus froide, la plus brutale, par un homme que rien ne prédestinait à une telle barbarie.

 

Ce drame dépasse les frontières de la douleur familiale. Il touche à l’âme même de la société camerounaise. Il appelle une seule réponse : la justice – pleine, entière, et sans détour. Face à l’horreur de cet acte, l’émotion a pris le dessus. Et avec elle, une attente parfois mal dirigée : celle de voir la fille de l’assassin, l’artiste Lydol, s’exprimer, se désolidariser, voire condamner publiquement son père. Mais il est essentiel de le rappeler : ce n’est pas à elle de condamner, c’est à la justice de faire son travail. Lydol n’est ni coupable, ni complice. Elle n’a pas à porter la faute d’un père qui, seul, devra répondre de ses actes. Ce que nous devons demander aujourd’hui, ce n’est pas un rejet filial, mais une application rigoureuse de la loi. Car ce père n’a pas seulement fauté. Il a tué. Et il l’a fait avec un sang-froid effrayant, en prenant un couteau pour l’enfoncer dans le corps d’un enfant qu’il voyait tous les jours.

 

Ce genre d’acte, inqualifiable, ne relève pas de la rédemption personnelle, mais d’une exclusion claire du tissu social. Un homme capable d’une telle violence ne peut pas, ne doit pas, rester au milieu de la société. Aujourd’hui, on apprend qu’il invoque l’amnésie comme ligne de défense. Mais comment accepter qu’un individu, apparemment capable de planifier, puisse revendiquer l’oubli juste après l’irréparable ? Le prétexte même utilisé pour sa défense est une raison supplémentaire de le soustraire à la société. Car si cet homme est réellement sujet à des pertes de mémoire incontrôlables, il représente un danger pour chaque enfant qu’il pourrait croiser demain.

 

Le sens de responsabilité revient à la république

Il ne s’agit pas ici de vengeance. Il s’agit de responsabilité publique. La République a pour devoir de protéger les plus vulnérables, et la justice ne peut ni faiblir, ni être distraite par des artifices juridiques, médicaux ou émotionnels. Personne ne se réjouit des malheurs d’une fille confrontée à l’effondrement moral de son père. Mais rappelons-le clairement : condamner un acte, ce n’est pas condamner une personne. Ce n’est pas Lydol qu’on juge ici, c’est un homme, détenteur d’une autorité paternelle, qui a trahi la vie elle-même. À ceux qui invoquent les Saintes Écritures pour défendre le silence, rappelons que la Bible n’encourage pas à fermer les yeux devant l’injustice. Honorer ses parents ne signifie pas couvrir le mal. Et comme l’enseignent les Écritures elles-mêmes : « On ne peut servir Dieu et Mammon. » Il vient un temps où l’on doit choisir entre la vérité et la complicité, entre la lumière et les ténèbres. Ce que nous dénonçons, ce n’est pas l’amour d’une fille pour son père, mais l’absence d’une réponse judiciaire claire face à un crime qui a choqué la conscience nationale. Ce n’est plus une affaire spirituelle ou morale : c’est une question républicaine. Et si cette justice manque à son devoir, si elle vacille, elle ouvre la porte à la colère populaire, à l’instinct de vengeance, et à la justice parallèle – celle que les États faibles craignent, car elle ne connaît ni mesure, ni délai. Respect à Lydol, dans l’épreuve qu’elle traverse. Mais que chacun porte sa part de vérité. Ce drame n’appelle ni le silence, ni les détours. Il appelle à faire de la justice une vérité partagée. Pour Mathis. Pour les autres enfants. Pour le Cameroun.

 

Justice pour Mathis : quand le silence devient une complicité nationale.

Non, il ne s’agit pas d’un lynchage. Non, il ne s’agit pas d’un règlement de comptes. Il s’agit d’un appel à la justice, à la cohérence morale d’une nation qui refuse de normaliser l’impunité, quelle que soit l’identité du coupable. Le débat n’a jamais porté sur Lydol, et il ne doit pas s’y fixer. Ce n’est pas une artiste qu’on appelle à la barre, mais un homme, un père, qui a tué de sang-froid un enfant qu’il côtoyait chaque jour. Le crime est clair. La violence est réelle. L’émotion est profonde, et légitime. Alors que les voix s’élèvent pour détourner l’attention, pour demander du silence, voire du respect face au deuil de la fille, il faut rappeler une chose essentielle : la justice n’est pas une affaire privée. Elle est la colonne vertébrale d’un État. Et quand elle faiblit, elle expose toute la société à l’effondrement moral. Oui, les avocats feront leur travail. Oui, ils chercheront des portes de sortie : amnésie, troubles mentaux, examens psychiatriques. C’est leur rôle. Mais le nôtre, celui des citoyens, des institutions, des responsables de l’ordre public, c’est de ne pas laisser le droit devenir un outil d’évasion morale. Car nous, peuple camerounais, nous n’avons pas la mémoire courte. Nous avons vu. Nous avons compris. Et nous n’oublierons pas. Il ne s’agit pas d’exiger de Lydol un rejet public de son père. Il s’agit d’exiger de la République une position ferme : « Ce crime ne sera pas couvert. Ce criminel ne sera pas protégé. » Ce n’est pas une affaire de deuil. C’est une affaire de justice.

 

Laisser cet acte sans réponse claire, sans rigueur, sans condamnation ferme, c’est envoyer un message terrible à tous ceux qui pourraient, demain, céder à la violence. C’est fragiliser les fondements même de la société : l’idée que toute vie humaine a une valeur, que toute victime mérite justice, que la loi ne fléchit pas devant les titres ou les liens familiaux. Quand un bébé est assassiné, ce n’est pas une tragédie intime, c’est un cri lancé à la nation. Et si l’on répond à ce cri par des manœuvres juridiques ou des silences pieux, alors on fabrique un précédent dangereux, on installe dans les esprits l’idée qu’il y a des crimes que l’on peut contourner. Prince Ndedi Eyango l’a dit avec justesse : le silence dans une affaire aussi grave peut peser sur des générations. Ce n’est pas une superstition. C’est une réalité sociale. Une société qui ne soigne pas ses blessures profondes finit par les transmettre. Je le redis, ce père est dangereux. Il l’a prouvé. Et la justice camerounaise doit s’en souvenir. Pas par vengeance. Mais par responsabilité. Le pardon est une affaire d’âme. La justice est une affaire d’État. La compassion pour Lydol ne doit pas devenir un écran de fumée. Lydol, elle, n’a rien demandé. Elle n’a rien commis. Elle n’a rien à prouver. Mais que cela ne serve pas d’argument pour détourner le regard du cœur du drame : Mathis est mort. Et il mérite justice. Justice pour Mathis. Vérité pour le Cameroun. Protection pour les innocents.

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