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Mag-Afriksurseine-Mars-2024

LA ROMANCIERE JEANNE LOUISE DJANGA CELEBRE LE MARCHE DU LIVRE AFRICAIN

 

Pantin, le cœur battant de l’Afrique en région parisienne, a résonné jusqu’aux berges de la Villette hier soir, grâce aux expositions du Marché du Livre Africain. Une belle foire littéraire, qui s’est transformée en une véritable célébration du verbe, un hymne à la mémoire écrite et poétique, le tout orchestré avec grâce et passion par la romancière Jeanne Louise Djanga. Pour sa troisième édition, le Marché du Livre Africain s’est imposé comme un carrefour de lumière, où se croisent générations, langues, récits et rêves venus de la diaspora africaine. Le Tout-Paris des lettres s’y était donné rendez-vous, dans cette ville de Pantin, riche de son histoire et vibrante de cultures.

Là, les échos d’une Afrique plurielle ont  résonné  à travers les mots, les pages, les poèmes, les silences habités des lecteurs. Un grand  événement,  je dirai même  une offrande à la littérature africaine, à ses diversités linguistiques, ses élans polyphoniques, ses luttes, ses tendresses. Jeanne Louise Djanga, fidèle à son engagement de toujours, a transformé ce rendez-vous en un rituel. Un rituel de retrouvailles intellectuelles et affectives, où se mêlent étudiants, chercheurs, libraires, écrivains, poètes, éditeurs, professeurs, et rêveurs de passage. Ce fut un moment d’intense brassage intergénérationnel, où adolescents et doyens se côtoyaient avec la même curiosité sacrée pour les mots.

Pantin est un  temple des savoirs africains

« Le livre est un temple des savoirs africains », aime à dire Jeanne Louise Djanga. Et elle le prouve : ce marché est un pont tendu vers l’avenir, une arche fraternelle qui relie les peuples par l’écriture. Au fil des allées, l’on pouvait croiser les œuvres mythiques de Cheikh Anta Diop, Chinua Achebe, Mongo Beti, Amadou Hampâté Bâ, Frantz Fanon, Aimé Césaire , autant de phares littéraires. Mais aussi découvrir des plumes contemporaines en pleine ascension, telle Katlea, la jeune écrivaine pleine de promesses, ou encore Samba Saphir, figure emblématique de la diaspora d’aujourd’hui. Le programme, riche et sensoriel, a su captiver tous les publics : séances de dédicaces, quiz littéraires, expositions de bandes dessinées, ateliers de poésie et de slam. Sans oublier les délices de la gastronomie africaine, qui rappelaient que les mots se savourent aussi autour d’un plat chaud, d’un thé à la menthe, d’un rire partagé.

Des présences marquées

Parmi les voix marquantes de cette journée, l’on retiendra celle d’Isabelle Ekedi Dicka, invitée d’honneur et auteure du livre « L’importance de guérir de ses blessures émotionnelles ». À ses côtés, la mauritanienne Toumbé, d’autres noms célèbres comme  Mariama Diallo, Ngangue Ebelle, Kokoé, Christophe, Denise Eyoum Nguene encore appelée Histey, Mallon Keita Kouyaté, ou encore Axelle Boucher et Jessieu Kibelushi ont offert des instants de grande  émotion, où la littérature devenait acte de soin, de réparation, de renaissance. La présence de l’association Resulam, dédiée à la résurrection des langues maternelles par le biais des nouvelles technologies, a rappelé que le combat pour la littérature est aussi celui de la sauvegarde des héritages oraux et des mémoires collectives. Car écrire, c’est aussi ne pas oublier. comme historien de l’instant, il est temps de rappeler les mémoires révolues.

Un acte de foi et d’humanisme

La Côte d’Ivoire, elle, a rayonné non seulement par sa présence littéraire mais aussi culinaire, dans un éclat de convivialité. Et tandis que les derniers vers étaient déclamés, que les voix s’élevaient pour dire l’amour, la colère, l’exil et la joie, l’on sentait que quelque chose de grand avait été vécu dans le cœur des hommes d’hier et d’aujourd’hui. Quelque chose qui ne s’effacera pas. Dans un monde en tumulte, où les bruissements des écrans tendent à noyer la voix des livres, ce marché a prouvé que l’écriture reste une force invisible, indomptable, capable d’éveiller, de relier, de transmettre. Hier soir, nous avons écrit ensemble une page.

Une page commune, fraternelle, et peut-être éternelle. Alors que s’annoncent les préparatifs de l’édition de fin d’année, le souffle de ce samedi vibre encore. Grâce à l’infatigable Jeanne Louise Djanga, l’écriture africaine se dresse, grande  et libre, comme une torche dans la nuit. Et l’on comprend mieux pourquoi elle dit, avec la conviction des sages : « Le livre est une lumière. Il éclaire, il élève, il éduque. »

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