Mag-Afriksurseine-Mars-2024

INNA LA CHANTEUSE INATTENDUE : MOQUEE, BRISEE, LA PYGMEE FAIT DESORMAIS DANSER

Depuis quelques mois, le  nouveau visage qui a attiré ce dernier temps beaucoup d’attentions sur les réseaux sociaux au Cameroun,  va devenir un visage d’artiste.  d’Inna,  – la petite pygmée -Petite par la taille, mais déjà grande par l’énergie et la volonté qu’elle déploie, est entrain d’entrer  sur la scène musicale avec son tout premier single, fruit d’un parcours fait de rebondissements, de critiques… et de grâce. Avec sa taille de trois pommes et son visage sobre qui rappellent  les  conte des filles  des  géants de la foret  dont l’accouchement a surpris tout le monde, défie désormais  les plus  sceptiques, car  elle avance dans le showbiz comme une crevette dans une mer de requins.  Discrète, mais coriace.

Et pendant que certains se moquent  d’elle, elle empile les vues, les fans, prouvant que la lumière ne demande pas la permission à la hauteur. Apparue initialement sous la bannière de l’influenceur Patrick W., Inna a connu une ascension médiatique rapide mais semée d’embûches. Son premier encadreur s’en serait détaché après plusieurs désaccords, laissant croire à un essoufflement prématuré de sa jeune pygmée. Mais contre toute attente, l’étoile d’Inna a continué à briller, portée par un public de plus en plus curieux et une détermination farouche. C’est finalement sous le parrainage de Charly Mbarga, chanteur et ancien danseur vedette de Lady Ponce, qu’Inna a trouvé une nouvelle stabilité artistique. Soutenue, encadrée, et poussée à se professionnaliser, elle sort aujourd’hui sa première chanson, déjà sujette à débat… mais aussi à admiration.

Si certains fans jugent que sa voix mérite encore du travail – évoquant des cris plutôt que du chant – la majorité semble conquise par l’énergie brute et l’authenticité de la jeune artiste. « L’art n’a pas de priorité », dira un internaute pour défendre sa démarche. Et en effet, ce n’est pas la perfection technique qui touche, mais la sincérité. Le clip, très attendu, semble promettre un univers original : Inna, maquillée, en culotte, dansant devant une hutte avec jeux de lumière… Un mélange de modernité et de symbolique africaine, qui divise autant qu’il intrigue. Qu’importe : l’attente est réelle, l’avant-première très attendue. Au-delà de la musique, Inna incarne une revanche : celle d’un peuple  souvent moqué, rabaissé, et réduite à leur  apparence ou à leur passé. Quand Patrick l’a publiquement humilié, beaucoup ont cru que tout était fini pour elle. Aujourd’hui, ce sont ces mêmes voix qui murmurent à nouveau – mais cette fois, pour la critiquer parce qu’elle réussit. « On ne cache pas la lumière du soleil, » commente un fan. « Inna, prends ton tour. »

Et en effet, Inna est désormais prête pour une tournée européenne, preuve que ce que beaucoup prenaient pour une plaisanterie devient une réalité artistique sérieuse. Inna ne se revendique pas comme une artiste parfaite. Elle est une artiste née du réel, de la rue, de l’épreuve, et de la foi. C’est ce qui fait sa force. Car un artiste n’est pas un porte-drapeau, encore moins un produit formaté. Il est celui qui dérange, qui tente, qui vit. Et si certains ne la comprennent pas encore, c’est peut-être parce que sa lumière ne s’adresse pas à ceux qui regardent d’en haut. Oui, Inna a encore à apprendre, à perfectionner son art. Mais elle est là, debout, courageuse, soutenue par un public qui voit en elle autre chose qu’un produit ou un phénomène de buzz. Elle est une preuve vivante que le destin  place parfois ses projets les plus étonnants là où personne ne regardait.

Parfois, il suffit d’un regard bienveillant – ou d’un parrain comme Charly Mbarga – pour traverser de l’autre côté du rivage.  Inna, cette fille pygmée sortie de la forêt, qu’on n’attendait pas, mais que le ciel a choisie pour rappeler que les siennes aussi ont de la valeur, poursuit son épopée. Elle n’a peut-être pas la voix la plus puissante, ni la taille qui impressionne, mais elle possède ce que beaucoup n’auront jamais : une présence, une force intérieure, une authenticité rare. Son regard raconte son histoire, celle d’une fille trop vite jugée, mais qui avance, le cœur grand ouvert, portée par une foi tranquille et un rêve tenace. Inna ne cherche pas à briller pour étouffer, elle brille pour exister, pour affirmer qu’elle aussi a sa place. C’est pourquoi elle reste humble dans ses attitudes. Et parfois, les plus beaux cœurs habitent les corps les plus modestes… perdus dans de lointaines forêts denses.

Loading

Tendances

A Lire aussi