0 5 minutes 1 an

 

Le 14 mai 2025, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a publié un communiqué critiquant vertement la signature d’une convention de collaboration entre Elections Cameroon (ELECAM) et l’Organisation des Nations Unies (ONU), intervenue le 9 mai à Yaoundé. Une démarche jugée « inconvenante » par le parti, au motif qu’elle n’aurait pas associé les partis politiques. Mais à l’heure où le Cameroun se prépare à un scrutin présidentiel capital pour son avenir démocratique, il serait plus que temps de sortir des postures de dénonciation permanente et d’entrer résolument dans la voie de la responsabilité nationale. Nous saluons, avec espoir et gravité, le partenariat entre ELECAM et l’ONU, qui marque une avancée significative vers une amélioration du processus électoral, à travers l’engagement pour plus de transparence, de professionnalisme et d’inclusivité. Ce geste n’est pas un aboutissement, mais un jalon posé sur le chemin d’un idéal démocratique que nous devons poursuivre collectivement, avec lucidité, exigence et courage.

 

Nous comprenons les frustrations historiques de certains acteurs politiques. Mais refuser de voter en 2020, pour ensuite crier à l’exclusion en 2025, relève d’une contradiction que les citoyens, eux, ne peuvent ignorer. L’absence de participation affaiblit la voix politique. Et le silence dans l’arène n’est pas une stratégie démocratique, mais une abdication du combat. Oui, des réformes sont encore attendues. Oui, le Code électoral mérite d’être révisé, amélioré, consolidé. Mais s’attaquer à toute initiative visant à renforcer le cadre électoral, simplement parce qu’on n’en est pas à l’origine, c’est faire passer l’intérêt partisan avant l’intérêt général du peuple camerounais. Quant à l’ONU, qu’il est facile aujourd’hui de caricaturer ! Mais rappelons que ce sont ses instruments, souvent sollicités par les mêmes voix qui aujourd’hui les rejettent, qui accompagnent les efforts de médiation, d’observation, de renforcement institutionnel dans de nombreux États.

Si critique il y a, qu’elle soit constructive et cohérente, et non instrumentalisée au gré des calculs électoraux. La démocratie ne se nourrit pas de communiqués virulents, mais d’actes concrets : s’inscrire sur les listes, former les militants, surveiller les bureaux de vote, débattre, proposer, convaincre. Voilà les vrais gestes d’un parti engagé. En cette année décisive, le peuple camerounais attend de ses leaders non pas des incantations, mais des engagements. Non pas des postures, mais des solutions. Il appartient à chaque acteur de faire le choix de l’avenir : l’agitation ou l’action, la division ou la construction, la critique passive ou la participation active. Pour finir il faut donner une leçon à ce savant.

 

Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) donne aujourd’hui l’image d’un serpent décapité, dont le corps s’agite en tous sens dans une vaine tentative de retrouver une direction qu’il a lui-même perdue. À force de confondre juridisme rigide et stratégie politique, ce parti s’est enfermé dans une posture qui l’éloigne de la réalité du terrain. Son choix de s’appuyer sur la notion de mandat impératif, en dehors de tout pragmatisme électoral, relève d’une erreur d’appréciation fondamentale. Il faut le rappeler avec force : le droit n’est pas un absolu figé, il est le produit de la volonté politique. Et ce sont bien les hommes et femmes politiques éclairés qui façonnent les lois, les adaptent aux exigences du temps et aux aspirations des peuples. S’enfermer dans un légalisme abstrait, c’est oublier que la politique est avant tout un art du possible, nourri de présence, d’engagement, et de choix concrets. Ceux qui préfèrent le commentaire à l’action risquent de devenir spectateurs de leur propre marginalisation.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *