Mag-Afriksurseine-Mars-2024

A LA RENCONTRE DE INNA : LA VALEUREUSE PYGMEE (INTERVIEW)

Née dans l’anonymat et révélée par la magie des réseaux sociaux, Inna, que l’on surnomme aujourd’hui la petite pygmée, incarne une success story aussi inattendue que bouleversante. En quelques mois, cette jeune femme au charisme brut et à la voix singulière a conquis les cœurs, porté un héritage culturel oublié et suscité un véritable engouement populaire. Mais derrière cette ascension fulgurante se cache une histoire d’encadrement bienveillant et de transformation personnelle. Entourée aujourd’hui de professionnels engagés, dont Charly Mbarga, Inna ne cesse de redéfinir les contours de son avenir artistique et humain. Dans cet entretien exclusif, elle revient sur son parcours, les leçons apprises, ses rêves à venir, et surtout, elle s’adresse à celles et ceux qui, comme elle jadis, n’osaient pas encore croire en leur lumière. Nous avons conservé l’authenticité de ses réponses sans chercher à apporter une amélioration stylistique, qui cadre avec la sonorité que le public connait du personnage. Les réponses qu’elle nous a donné sont d’une très grande profondeur pour une personne qu’on pensait limité dans le savoir.

 

Bonjour Inna merci de nous accorder cette interview, tu es très connue dans les réseaux, mais il y a ceux dans le monde qui vont te découvrir peux-tu te présenter à ceux qui ne te connaitraient pas encore ?

Je m’appelle  Inna  considéré aujourd’hui par le public comme la valeureuse pygmée, je suis originaire de la région de l’Est du Cameroun précisément à Dimako, je suis originaire du village de Koo à quelques encablures de la ville Dimako,  je suis une jeune fille  pygmée Baka, je suis artiste chanteuse, et Tradi-praticienne, mère de 2 enfants.  

 

Peux-tu nous raconter les débuts de cette aventure qui te rend si célèbre aujourd’hui ?

Au départ,  j’ai commencé avec un jeune homme qui s’appelle Patrice Whoga qui est venu  me chercher dans mon Dimako natal et on faisait des vidéos pour créer  le buzz, sauf que moi je n’étais pas influenceuse, je ne connaissais rien de ces choses, puis les gens sont venus me dire qu’il se fait beaucoup d’argent sur mon dos, quand j’ai verifié c’était vrai, j’ai donc demandé d’arranger ça,  il n’a pas voulu,  j’ai attendu encore quelque semaines, j’ai dit à Patrice arrange la situation, il n’a pas voulu, il a vraiment eu beaucoup d’argent,  il ne me donnait que des miettes alors que j’étais la principale actrice dans ses vidéos.

Il ne sait pas qu’on a beau être pygmée, le jour qu’on prend la sage, on voit plus loin que celui qui reste en ville,  c’est à partir de là  que lui et moi nous nous sommes gâtés  à cause du partage des revenus, au lieu d’arranger les choses,  il a préféré  me laisser tomber croyant que derrière moi le buzz allait continuer malheureusement pour lui ce n’est  pas le cas, moi je suis rentrée dans mon village où  j’avais mes habitudes et c’est comme ça que je fais la connaissance du batteur percussionniste,  auteur compositeur chanteur interprète producteur de musique  chef d’orchestre de Lady Ponce,  la diva du Bikutsi qui s’appelle, Charly Mbarga qui vit en France, et nos échanges ont abouti à la production d’un single intitulé (Ma go Ngola) et voilà comment je me retrouve trempée  dans le milieu du show business camerounais en particulier et africain en général, grâce à mon producteur Charly Mbarga que je ne cesserai jamais de remercier. c’est un monsieur qui me traite comme une petite sœur et qui dépense pour l’instant beaucoup d’argent sur ma personne en plus de ça il me respecte comme une personne ce que Patrice ne faisait pas, pour lui nous étions des pygmées et on devrait  le demeurer.

Inna, ton ascension fulgurante a bouleversé les réseaux et touché des milliers de personnes. Si tu devais raconter le tout début de cette aventure, comment décrirais-tu cette transformation entre la jeune fille anonyme et la star que tu es aujourd’hui ?

Au départ,  j’étais chez moi tranquille dans mon village et un jeune homme est venue me chercher pour m’amener en ville (Yaoundé et Douala) c’est d’ailleurs l’histoire que je raconte dans ma chanson,  Ma Go Ngola  » sauf que l’aventure qui a pourtant bien commencé a tourner à cause du partage des revenus des contenus qu’il créait et donc moi j’étais la principale actrice, je ne demandais pas tout l’argent, je voulais juste un partage équitable par rapport à mon rôle dans les contenus qu’il créait. Il n’a jamais accepté voilà la raison de notre séparation et jusqu’à ce que je tombe sur mon producteur actuel Charly Mbarga qui a un grand cœur, qui m’a religieusement écouter et a décider de me pousser en avant en me donnant un grand coup de main par rapport à la production de mon  single qui est à plus 400 mille  vues sur YouTube en un mois seulement.  je remercie le grand public pour l’accueil qu’ils ont réserver à ma musique,  je suis contente de mon nouveau statut de chanteuse grâce à Dieu et mon producteur Charly Mbarga qui a accepter miser don argent  sur moi sans véritablement me connaître.

 

Tu es aujourd’hui entourée d’un encadrement artistique et professionnel. Quelle place occupe M. Charly Mbarga dans ton parcours actuel, et comment son accompagnement a-t-il redéfini ta vision de la musique et de la vie ?

Charly Mbarga est mon producteur, et il a une équipe qui m’accompagne,  je vais citer ma tata d’amour Laure Noire qui fait énormément pour moi et en tout lieu, en tout temps et à tout moment, tata Laure Noire que Dieu te bénisse et rende au centuple tout ce que tu fais pour moi, je vais pas oublier la déesse des lumières la Baka ma belle sœur et manager au cameroun qui m’accompagne partout, c’est celle là qui vit avec moi au quotidien, qui supporte mes caprices et mes prises de têtes  et enfin Hervé qui est mon mari, le père de mes enfants, Dieu le père tout puissant qui guide mes pas jusqu’à présent et le public qui me soutient beaucoup. Pour le moment grâce à Charly Mbarga et son équipe tout vas bien. Je vais bien merci beaucoup.

Beaucoup s’interrogent sur l’importance de l’éducation financière pour les jeunes artistes comme toi. As-tu commencé à réfléchir à des projets durables ou à un avenir au-delà de la musique ?

Pour le moment le projet qui le tient à cœur  c’est de construire ma case décente dans mon village pour abriter ma petite famille et moi c’est mon projet imminent, créer un grand champ de plantain, de macabo et de légume, pour alimenter la ville parce que j’ai constaté qu’en ville, les choses sont chers, et un jour ouvrir une boutique pour vendre les choses pour ceux qui sont éloignés et qu’ils ne font plus de longues distances pour acheter les choses.

 

En tant que modèle pour de nombreuses jeunes filles pygmées se reconnaissent en toi, quel message aimerais-tu transmettre à celles qui doutent d’elles-mêmes ou de leur avenir ?

Je vais conseiller à mes sœurs Pygmées en particulier et à la jeune femme  camerounaise en général de rester fidèle à son homme de respecter, son homme  d’élever, son homme, d’accompagner son homme, d’avoir un cœur  de pardon. Je ne demande pas aussi aux hommes de manquer de respect envers leurs épouses ça doit être réciproque. Les jeunes filles doivent aller à l’école étudier pour assurer leur avenirs et surtout trouver une place de choix dans la société en apprenants un métier qui leur permettra d’assumer quand ton homme est défaillant.

 

Si demain, la lumière des projecteurs s’éteignait, que garderais-tu comme le plus beau souvenir de cette aventure, et quelle est ta plus grande ambition aujourd’hui ?

Si les lumières des projecteurs un jour s’éteignent sur moi,  il va quand même me rester la lumière du soleil et ne il ne faut pas  oublier surtout que  le soleil se lève à l’Est ma région d’origine  donc je garderai les souvenirs des acclamations de mes apparitions publiques, surtout que je n’étais pas prête pour ça et je vais surtout garder les souvenirs de toutes ces personnalités influentes en particulier Charly Mbarga qui a bien voulu faire de moi une artiste chanteuse, différent de Patrice lui qui est un influenceur. Je n’oublierai jamais la chaleur des camerounais, l’amour que les camerounais ont  entre eux, et surtout pour ceux qui ne représentent rien, à travers moi j’ai vu ce qu’on appelle le vivre ensemble, à mon passage, j’étais adulé de partout, c’est vraiment incroyable, ce que j’ai vécu. La fraternité camerounaise est extraordinaire.

Que penses-tu de la vie ?

La vie est un mystère profond, je prends l’exemple sur la mienne, elle est un lieu où il ne faut pas se décourager et il faut attendre, elle a des limites mais chaque personne a sa chance.  Elle est mouvement, transformation perpétuelle. Chaque instant que nous vivons est à la fois une naissance et une fin. La vie nous enseigne que du jour au lendemain on peut se retrouver dans la forêt et devenir une star mondiale ou être une star mondiale et se retrouver dans la foret , que tout est appel au changement. En ce sens, vivre, c’est apprendre à accepter le  monde tout en cherchant, sans cesse, de courir avec elle. elle est faite de rencontre, et nous devons partager ces moments avec les autres et dans la vie il faut accepter les autres tels qu’ils sont. il ne faut sous-estimer personne.

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