Dans une déclaration rendue publique le dimanche 13 juillet 2025, le président de la République, Son Excellence Paul Biya, a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 12 octobre prochain. Cette annonce intervient dans un contexte national marqué par de nombreux défis économiques, sociaux et sécuritaires, et relance la dynamique politique à l’approche du scrutin. Nous allons essayer d’analyser la portée d’une telle candidature. La déclaration a adopté un style direct marqué par la sobriété. Comme à son habitude, l’absence de figures de style flamboyantes ou d’envolées lyriques souligne sa volonté de parler « d’homme d’État à son peuple », avec sérieux et retenue. Le ton est rationnel, rassurant et républicain. Il commence par : « Je suis candidat », une ouverture concise, sans fioriture, qui confère à l’acte politique une valeur de vérité simple et directe.
En utilisant des expressions telles que « devoir sacré », « mission », ou encore « je consacre mon temps et mon énergie », il inscrit son discours dans un registre quasi sacerdotal. Dans ce contexte, il élève son engagement au rang de devoir moral et existentiel, renforçant ainsi l’image d’un dirigeant dévoué au service de la nation. Comme toutes ses précédentes déclarations, celle-ci repose sur une logique de fidélité au peuple et de cohérence dans l’action. C’est pourquoi il emploie la formule « depuis que j’ai pris la tête de l’État », qui montre son engagement dans la durée et la constance. Le choix du présent de l’indicatif « je consacre », « je vous remercie », « je suis candidat » traduit une volonté affirmée de stabilité et d’action immédiate projetée dans l’avenir. Il amorce ensuite, comme en 1992, par cette phrase devenue signature : « Ensemble, il n’y a aucun défi que nous ne puissions relever. » L’emploi du pronom « nous » traduit une volonté de rassembler, de créer une communauté d’effort entre le président et le peuple.
Le style devient ici plus affectif, presque inspirant, à travers une rhétorique de la confiance collective. Le président fait également le choix de phrases courtes, construites dans une logique d’assertion. L’énonciation est claire, sans tournures complexes ni ambigües, ce qui renforce l’impact et l’accessibilité du message pour un large public. Comme on pouvait s’y attendre, il mobilise un lexique fort, évocateur, en phase avec les attentes populaires : « sécurité », « bien-être », « cher et beau pays », « résultats palpables », « soutien massif », « détermination », « défis », « meilleur ». Ce champ lexical valorise l’action passée, tout en appelant à une mobilisation raisonnée face à l’avenir. Lorsque le président utilise le « je », fréquent, ce n’est pas par narcissisme, mais pour souligner sa responsabilité personnelle en tant que candidat. Toutefois, ce « je » s’efface régulièrement derrière un « nous » fédérateur, équilibrant ainsi autorité et humilité. On perçoit dans ce message un caractère d’urgence, une volonté de lucidité face aux défis du moment, particulièrement dans la répétition des verbes d’action au présent : « je suis candidat », « je consacre », « je vous remercie ». Le discours s’enracine dans l’instant, tout en proposant une progression temporelle fluide : passé accompli, présent engagé, avenir prometteur, comme en témoigne la formule finale : « Le meilleur reste à venir. » Ce discours rappelle ainsi, une fois encore, le sens du devoir. Il se conclut par une ouverture vers l’avenir et une invitation au collectif. Le style est républicain, mesuré et loyaliste, fidèle à la tradition politique de Paul Biya.
Pourquoi le dimanche 13 ?
Pourquoi avoir choisi le dimanche 13 juillet pour faire cette annonce ? D’abord parce que le dimanche est un moment de calme, d’écoute, et de disponibilité. C’est un jour de repos, propice à la réceptivité des messages politiques, un temps où les citoyens sont moins absorbés par les contraintes professionnelles. Ce jour est souvent privilégié pour des annonces présidentielles majeures, car il crée un effet d’attente, tout en maximisant l’impact médiatique et émotionnel. Ensuite, le choix du chiffre 13, parfois perçu comme « malchanceux » dans certaines cultures, peut ici être délibérément assumé comme un symbole de confiance, de sérénité, voire de maîtrise du destin. C’est une manière subtile de dire : « Même le 13, je n’ai pas peur. Je suis maître du temps et des symboles. » D’autant plus qu’il est né un 13 février, ce chiffre mystique lui porte bonheur alors que pour certains c’est un chiffre de malheur. Il ne s’en tire que lorsque le danger est grand. Exactement comme celui qui dine avec les diables. Ce chiffre qui est une naissance pour lui sera une mort pour certains qui cherchent à se dresser devant lui. Ce choix d’aujourd’hui a une résonance personnelle et très symbolique dans chambres des mystères. Enfin, le président Paul Biya nous a habitués à intervenir à des moments symboliques et souvent inattendus. Cela fait partie de son style présidentiel : rareté de la parole, mais force du moment choisi. Il instaure ainsi un rituel politique, entre gravité et mystère. En s’exprimant un dimanche, hors du calendrier politique habituel, le président reprend la main sur le récit, brise les spéculations, désarme les critiques, et impose son propre tempo, celui de l’expérience et du calcul stratégique. Pour nous, communicants, c’est également un signal : lancer la machine médiatique dès le lundi. En annonçant le 13, les médias, réseaux sociaux et organes de presse ouvrent la semaine sur ce message, prolongeant ainsi la visibilité et la portée de l’annonce présidentielle.
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