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Douala  Alors que l’échéance présidentielle d’octobre approche à grands pas, et que le peuple camerounais semble avoir, selon plusieurs sources, déjà porté son choix sur un candidat bien identifié, le très attendu communiqué de Sam Mbaka, cofondateur du Groupe de Douala, a semé la confusion. Dans un texte long, empreint de diplomatie, Sam Mbaka revient sur la genèse de son mouvement et sur les enjeux cruciaux de cette élection charnière pour le Cameroun. Il rappelle la volonté du peuple de changement, parle d’un besoin d’unité, de paix et de justice, et énumère huit axes de refondation pour une « 3e République ». Sur le fond, rien de surprenant. Mais sur la forme, le communiqué peine à convaincre. Le gros malaise réside dans un non-dit : le nom du candidat « du consensus » n’est jamais cité. Et ce silence n’est pas passé inaperçu. « Le peuple a déjà choisi », écrit-il… mais sans dire qui. « Nous nous rangeons derrière le candidat du peuple », ajoute-t-il, sans plus de précision. Un discours que beaucoup qualifient déjà de jonglage politique, voire de stratégie de récupération. Dans les rues, sur les réseaux sociaux, la réaction ne s’est pas fait attendre : « On connaît Issa Tchiroma, un point c’est tout », tranche un internaute. « Tous font dans le flou. Quand ça va réussir, ils vont dire : « c’est nous ! »», s’agace un autre.

 

Derrière cette stratégie de flou, certains y voient une tentative de rester dans la course, sans prendre le risque de s’aligner trop tôt, ni de froisser d’autres camps politiques. Mais à moins de trois semaines du scrutin, cette posture alimente le scepticisme et la défiance populaire. « Le nom du candidat vous paraît compliqué à prononcer, le père ? », ironise un commentaire viral. Dans le même temps, d’autres observateurs y voient un calcul d’attente : laisser le peuple faire le choix, puis venir s’y greffer officiellement après coup. Une tactique certes habile, mais à double tranchant. Dans un contexte où la population réclame transparence, courage et clarté, les discours trop prudents ou codés sont vite assimilés à des tentatives de manipulation.

 

Un programme ambitieux, mais sans visage

Si le programme de transition évoqué dans le communiqué réforme de l’État, résolution du conflit anglophone, libération des prisonniers politiques, diaspora, jeunesse, États généraux…  semble dessiner une vision structurée, l’absence de porteur de ce programme affaiblit sa portée. Car pour beaucoup, un projet sans visage n’est qu’un vœu pieux. Et dans cette élection où les symboles comptent autant que les idées, le silence sur le nom du candidat fragilise la position de Sam Mbaka. À travers ce communiqué, le Groupe de Douala voulait probablement afficher son unité et son soutien au processus de changement. Mais en refusant de désigner clairement le candidat « du peuple », il aura surtout entretenu un climat d’ambiguïté, renforçant ainsi les accusations de récupération opportuniste. À ce stade, une seule certitude : le peuple, lui, n’a pas attendu pour choisir. Et le 13 octobre, il le fera savoir dans les urnes.Au final, ce discours qui se veut rassembleur s’apparente davantage à une tactique utopique, portée par une opposition qui semble, pour l’heure, plus en quête de positionnement que de clarté stratégique. À force de vouloir ménager tous les camps sans oser nommer clairement les choix du peuple, certains acteurs politiques finissent par s’égarer dans des formules vides, éloignées des réalités du terrain. Dans un contexte aussi tendu que décisif, l’ambiguïté n’est plus une stratégie, c’est une fuite. Et le peuple, lui, n’a plus le temps pour les équilibristes.

 

Le Courrier du Cameroun

 

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