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En 1962, le légendaire Pelé dénonçait déjà les pratiques destructrices qui défiguraient le football et menaçaient son essence. Plus de soixante années se sont écoulées et, malgré les progrès techniques, l’évolution des règlements et la professionnalisation de cette discipline, la violence continue de souiller les pelouses. Le drame survenu le 2 novembre 2026, lors de la rencontre de deuxième division espagnole entre le CD Tenerife et le FC Andorre, nous rappelle avec une cruauté insupportable que le football, ce magnifique spectacle censé célébrer la vie, peut devenir le théâtre d’une tragédie irréparable. L’attaquant espagnol Jesús de Miguel Alameda, âgé de seulement trente ans, est décédé le lendemain d’un choc d’une extrême violence avec le gardien adverse Jesús Owono. Une vie s’est éteinte, une famille est plongée dans le deuil et le monde du football se retrouve devant une question fondamentale. Jusqu’où peut-on aller pour empêcher un adversaire de marquer un but ?

Je condamne avec la plus grande fermeté l’intervention du gardien Jesús Owono. Les images de cette action sont profondément choquantes. Les gardiens de but et les défenseurs, à l’exception de certains grands noms du football, sont  habituellement animés par une seule obsession, celle d’empêcher le ballon de pénétrer dans leurs filets. Pour atteindre cet objectif, certains sont prêts à tout, quitte à intervenir avec une violence excessive contre leurs adversaires, comme nous venons de le constater lors du tragique incident impliquant le joueur espagnol. Il faut également savoir observer et interpréter les comportements. Après cette intervention, le gardien s’est éloigné de la scène du choc, une attitude du criminel qui s’éloigne du lieu de crime alors que lui seul connaissait ce qu’il venait de faire sur un adversaire… un manque d’humanisme.

Dans la vie lorsque tu as appliqué un bon coup à quelqu’un tu le ressens puisque c’est toi qui le donne. il en était conscient du coup donné par un genou. Dans les dernières minutes de la rencontre, alors que Jesús de Miguel se dirigeait vers le but adverse, le portier d’Andorre s’est précipité loin de sa surface de réparation pour disputer le ballon. Son intervention, effectuée avec une force excessive selon le rapport arbitral, a provoqué une collision d’une brutalité effrayante. L’arbitre l’a immédiatement expulsé, mais cette sanction sportive ne pouvait malheureusement réparer les conséquences du choc. Le joueur espagnol s’est effondré, les secours sont intervenus et, malgré les efforts déployés pour le sauver, il a succombé à ses blessures le lendemain matin. Voilà comment une action de quelques secondes a brisé une existence et transformé une rencontre sportive en drame humain.

Ce qui me révolte profondément, c’est cette conception du football qui,  parfois place la défense d’un résultat au-dessus de l’intégrité physique d’un adversaire. Certes, un gardien doit protéger ses cages, anticiper les attaques et empêcher les buts. Mais aucune obligation sportive ne lui donne le droit de compromettre inconsidérément la vie d’un autre joueur. Il existe une différence fondamentale entre l’engagement physique, qui appartient à la nature du football, et l’excès de violence, qui en constitue la négation. Un véritable professionnel doit savoir intervenir avec détermination tout en conservant la maîtrise de ses gestes. Perdre un duel ou encaisser un but ne constitue jamais une tragédie. En revanche, voir un homme perdre la vie sur un terrain est une catastrophe dont les conséquences dépassent infiniment les enjeux d’un championnat. Owono doit quitter le monde du football définitivement et en attendant l’envoyer en prison.

Je refuse également cette banalisation de la brutalité qui accompagne trop souvent les rencontres de football. Nous avons vu, dans différents championnats européens, des interventions particulièrement dangereuses, des tacles inconsidérés et des gestes qui exposent les joueurs à de graves blessures. Pourtant, les grandes instances sportives attendent parfois l’irréparable avant de mesurer la gravité du problème. Il est temps d’organiser de véritables états généraux sur la violence dans le football professionnel. Les gardiens, les défenseurs, les attaquants et tous les acteurs du jeu doivent comprendre qu’un adversaire n’est pas un ennemi à abattre, mais un partenaire indispensable à l’existence même de la compétition. Sans adversaire, il n’y a ni match, ni victoire, ni spectacle.

Concernant Jesús Owono, je considère que la gravité de son intervention appelle une réponse disciplinaire exemplaire, proportionnée aux faits qui seront établis. Je ne prétends pas connaître ses intentions profondes et je ne saurais affirmer qu’il voulait provoquer la mort de son adversaire. Mais l’absence éventuelle d’intention homicide ne doit pas empêcher un examen rigoureux de la dangerosité du geste. Un professionnel doit répondre de ses actes lorsque son comportement dépasse les limites acceptables de l’engagement sportif. Le gardien doit donc faire l’objet d’une procédure disciplinaire approfondie et contradictoire. Si une faute particulièrement grave est confirmée, une suspension de longue durée, voire une exclusion du football professionnel si les règles applicables le permettent et si les faits le justifient, devra être sérieusement envisagée.

J’interpelle directement la Fédération internationale de football association, la FIFA, ainsi que l’UEFA, la Fédération espagnole de football et les responsables des compétitions professionnelles. Il ne suffit plus de multiplier les communiqués de condoléances lorsque survient une tragédie. Il faut agir, renforcer les dispositifs de prévention, sanctionner sévèrement les interventions dangereuses et développer une véritable culture de protection de l’intégrité physique des joueurs. Les gestes caractérisés par une force excessive doivent faire l’objet d’une attention particulière, même lorsqu’ils ne provoquent pas de blessure grave. La sanction ne doit pas dépendre uniquement de l’ampleur du dommage, mais également du danger objectivement créé. Une telle politique permettrait de rappeler que la victoire sportive ne saurait justifier toutes les prises de risque.

Quant à l’enquête ouverte par les autorités espagnoles, elle doit suivre son cours dans la sérénité, avec toute l’indépendance nécessaire. La justice devra déterminer les circonstances exactes du drame et les éventuelles responsabilités, sans céder ni à l’émotion populaire ni à la pression médiatique. Il serait injuste de prononcer une condamnation pénale avant l’établissement des faits, tout comme il serait moralement insupportable de considérer qu’un terrain de football constitue un espace où les comportements dangereux échappent systématiquement à tout examen. Le sport possède ses règles, mais il appartient aussi à une société fondée sur le respect de la vie humaine.

Aujourd’hui, mes pensées vont d’abord à Jesús de Miguel, à sa famille, à ses proches et à ses coéquipiers du CD Tenerife. Derrière ce nom désormais associé à une tragédie se trouvait un homme de trente ans, un sportif passionné, un être humain qui nourrissait encore des projets et des espérances. Il était entré sur la pelouse pour exercer son métier, défendre les couleurs de son club et participer à cette fête populaire qu’est le football. Il n’aurait jamais dû en sortir pour entreprendre son dernier voyage. Aucune victoire, aucun trophée et aucun classement ne pourront jamais compenser une telle perte. La douleur de ceux qui l’aimaient mérite davantage que quelques minutes de silence. Elle appelle une prise de conscience profonde et des engagements durables.

Que Jesús Owono éprouve aujourd’hui des remords et une immense détresse humaine est parfaitement compréhensible. Mais ce drame doit également lui rappeler, comme à tous les professionnels, qu’un geste accompli dans la précipitation peut entraîner des conséquences irréversibles. La responsabilité d’un sportif ne s’arrête pas à la recherche de la performance. Elle comprend le devoir de préserver, autant que possible, la sécurité de ceux avec lesquels il partage le terrain. On peut reconnaître la souffrance du gardien sans minimiser la tragédie vécue par la victime. On peut réclamer des sanctions fermes sans transformer la douleur en haine personnelle.

La mort de Jesús de Miguel doit enfin devenir un tournant dans la lutte contre la violence sportive. Le football n’est pas une guerre et les stades ne sont pas des champs de bataille. Ce jeu appartient à la jeunesse, aux familles, aux peuples et à tous ceux qui trouvent dans un ballon une source de joie et d’espérance. Il serait profondément honteux que le souvenir de ce jeune homme disparaisse progressivement dans les archives sportives sans provoquer la moindre réforme. Que la FIFA entende cet appel, que les fédérations prennent leurs responsabilités et que les joueurs comprennent définitivement qu’aucun but empêché ne vaut une vie humaine. À Jesús de Miguel, nous devons le respect, la mémoire et l’exigence de vérité. À sa famille, nous adressons notre compassion la plus profonde. Et au football mondial, nous lançons cet avertissement solennel. Plus jamais la brutalité ne doit être confondue avec le courage, ni la violence avec la grandeur sportive. Que l’arrêt Owono soit l’arrêt de principe et que ce joueur du 17ème siècle reste hors des stades.

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