La Côte d’Ivoire vient de faire un choix fort. En présentant officiellement Hervé Renard comme nouveau sélectionneur des Éléphants, ce jeudi 6 août 2026, la Fédération ivoirienne de football (FIF) a envoyé un message clair : les ambitions du football ivoirien ne se limitent plus à participer aux grandes compétitions, elles consistent désormais à les remporter. Onze ans après avoir offert aux Éléphants la Coupe d’Afrique des nations 2015, le technicien français effectue un retour chargé de symboles et d’attentes. Avant de tourner la page, le président de la FIF, Yacine Idriss Diallo, a tenu à rendre un hommage appuyé à Emerse Faé, dont le contrat est arrivé à son terme après deux années marquées par une CAN remportée et une qualification historique pour les phases à élimination directe de la Coupe du monde. Pour le dirigeant ivoirien, le choix de Renard ne constitue pas une remise en cause du travail accompli, mais la poursuite d’un projet sportif appelé à franchir un nouveau palier. La Fédération estime que l’expérience du technicien français, sa parfaite connaissance du football africain et sa capacité à gérer les grandes compétitions correspondent aux exigences du nouveau cycle qui attend les Éléphants.

Le palmarès d’Hervé Renard parle d’ailleurs en sa faveur. Vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations avec la Zambie en 2012 puis avec la Côte d’Ivoire en 2015, il demeure le premier entraîneur à avoir remporté ce trophée avec deux sélections différentes. Son parcours l’a conduit sur plusieurs bancs prestigieux du continent africain, mais aussi en Arabie saoudite, où il a signé l’une des plus grandes surprises de l’histoire récente de la Coupe du monde en battant l’Argentine en 2022. Cette expérience internationale explique en grande partie la confiance que lui accorde aujourd’hui la Fédération ivoirienne. Au moment de prendre la parole, Hervé Renard n’a pas caché son émotion. Revenir diriger les Éléphants représente, selon lui, un immense honneur. Le technicien français a expliqué qu’il souhaitait depuis plusieurs mois retrouver le football africain, convaincu que la Côte d’Ivoire possède un potentiel exceptionnel et toutes les qualités pour continuer à écrire son histoire. Son discours est resté fidèle à ce qui a toujours caractérisé sa méthode : une culture de l’exigence, du travail et de la discipline quotidienne. Mais cette nomination intervient dans un contexte bien différent de celui de 2015.
Le football a changé, les supporters également. La génération connectée ne se contente plus des discours ou des promesses. Chaque composition d’équipe, chaque choix tactique et chaque résultat sont désormais disséqués en temps réel sur les réseaux sociaux. Les supporters ivoiriens affichent une exigence assumée : ils ne veulent plus seulement des changements d’entraîneurs, ils réclament des résultats durables, une équipe compétitive à chaque sortie et une sélection capable de rivaliser avec les meilleures nations mondiales. Cette exigence n’est pas dénuée de fondement. La Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui d’un vivier exceptionnel de joueurs évoluant dans les plus grands championnats européens. Avec un tel réservoir de talents, les attentes sont naturellement élevées. Les supporters estiment que cette génération doit transformer son potentiel en titres, non seulement en Afrique, mais également sur la scène mondiale. Pour eux, l’objectif ne peut plus se limiter à une bonne participation : il faut désormais viser les derniers carrés des grandes compétitions et inscrire durablement les Éléphants parmi les puissances du football international.

Hervé Renard connaît parfaitement cette pression. Son premier passage lui a appris que le peuple ivoirien vit le football comme une véritable affaire nationale. Aujourd’hui, les attentes sont encore plus grandes. Le souvenir du sacre de 2015 demeure vivant, mais il ne suffira pas à protéger le sélectionneur. En Côte d’Ivoire, les victoires appartiennent au passé ; seules les prochaines conquêtes comptent. Chaque match sera un examen, chaque compétition un défi, et chaque résultat sera jugé à l’aune des ambitions d’un pays qui considère désormais que sa place naturelle est au sommet du football africain. En choisissant Hervé Renard, la Fédération ivoirienne n’a donc pas simplement recruté un entraîneur. Elle a confié son avenir à un homme qui connaît les exigences du continent et qui a déjà écrit une des plus belles pages de l’histoire des Éléphants. Il lui appartient désormais d’en écrire une nouvelle. Car en Côte d’Ivoire, une maxime semble désormais guider tout le football national : être champion une fois est un exploit ; le rester est une obligation.