La littérature camerounaise s’apprête à accueillir une nouvelle œuvre qui, par son titre déjà évocateur, semble porter la voix du courage, de la résistance et de l’espérance. La Lionne de Mboa n’a pas dit son dernier mot, le nouveau livre de l’écrivaine Denise Nguene originaire du Cameroun, sera au cœur d’une journée de dédicace prévue le 17 octobre prochain, occasion privilégiée pour l’auteure d’aller à la rencontre de ses lecteurs et de leur ouvrir les portes de son univers. Mais qui est véritablement cette Lionne de Mboa qui refuse de prononcer son dernier mot ? Que représente-t-elle et quelles réalités se cachent derrière cette œuvre ? À quelques semaines de ce rendez-vous littéraire, nous avons souhaité donner la parole à Denise Nguene afin qu’elle nous parle de son livre, de sa démarche d’écriture et de ce qu’elle réserve au public le 17 octobre.
Avant d’entrer dans l’univers de votre nouvelle œuvre, permettez-nous de mieux connaître la femme de lettres qui se cache derrière la plume. Denise Nguene, qui êtes-vous et quelles sont les principales étapes qui ont jalonné votre parcours littéraire jusqu’à aujourd’hui ?
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours inventé des univers. C’etait des journaux lus à haute voix dès l’âge de cinq ans en récitant un contenu imaginaire, De huit à dix ans , c’est des images dessinées à mème un cahier d’école démodé. J’aimais m’évader. J’aimais lire aussi. Enfant solitaire et timide, la création et la lecture etaient un refuge. En classe de terminale A4 espagnole, serie littéraire, je participe à mon premier concours littéraire : une nouvelles en espagnol : « La revuelta de los Mimbos », histoire d’un peuple indigène au contact d’autres civilisations. Malgré ces indices, je n’avais pas conscience d’un talent dans le domaine de la création littéraire. Arrivée en Hexagone dans le cadre de mes études supérieures en gestion ( rien à voir avec la littérature), l’exil me plonge dans l’écriture.
Pendant une douzaine d’années mes notes dorment dans mon tiroir numérique . Ce n’est qu’en 2021, post-Covid, que je ressens l’envie de les partager via un premier recueil de poèmes : 50 promesses de richesse mon Enfant. Réécrit dans une version augmentée en 2024 : Leçons partagées de Maman au-delà des épreuves. En 2025, j’écris un conte pour enfant : Le Prince Ngah et le mystère de Bikutsi Valley.

Nous sommes à la rentrée scolaire, ce qui explique forcément une rentrée littéraire, quelles sont les nouvelles à nous donner à l’occasion de cette rentrée ?
Je voulais écrire un roman qui parle d’amour envers soi, envers les siens, envers la vie et qui soit empli d’humour et d’aventures tout en donnant du baume au coeur et en marquant mon attachement à mes origines. Je voulais écrire un roman qui fasse du bien à l’âme et qui nous garde souriant de la première à la dernière page. C’est ce qui m’a lancé dans cette aventure entamée lors de la rentrée scolaire 2024 et que j’ai achevée en février 2026.
Le titre de votre nouveau livre, La Lionne de Mboa n’a pas dit son dernier mot, est à lui seul une déclaration presque combative. Qui est cette « Lionne de Mboa », et pourquoi n’a-t-elle justement pas dit son dernier mot ?
J’ai écrit ce livre dans l’espoir que les femmes ne se laissent plus vieillir sans réagir, ni que les épreuves les emprisonnent dans le silence. J’ai imaginé un personnage fictif qui résiste avec grâce et sourire au deuil, au malheur, tout en ne laissant pas le poids des années alourdir son coeur, lui faire renoncer à son humour dans un pays où le cadre est de rêve mais les conditions de vie semblent d’enfer par certains égards.

Derrière cette Lionne se dessine nécessairement une histoire, mais aussi des blessures, des combats, des espérances et peut-être une certaine représentation de la femme camerounaise. Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce nouveau livre et quelles réalités de notre société souhaitez-vous particulièrement interroger ?
Passé la soixantaine en Afrique, beaucoup de personnes sont considérées comme des reliques alors qu’en Occident elles dégustent la vie. Je décris un troisième âge loin des clichés d’aigreur, de sorcellerie, d’assistance, d’inaction. Je milite pour une ‘vieillesse’ joyeuse, ironique, taquine, amoureuse de la vie malgré les épreuves. C’est le sens du combat de mon héroïne. En observant la société, j’ai réalisé que ce personnage de papier incarne de vrais êtres de chair dont le parcours détonne et inspire.

Un livre appartient d’abord à son auteur pendant le temps de l’écriture, puis il commence une seconde vie lorsqu’il rencontre ses lecteurs. À quelques jours de votre journée de dédicace, quel regard portez-vous sur cette œuvre et quelle rencontre espérez-vous désormais entre La Lionne de Mboa n’a pas dit son dernier mot et le public ?
Etant l’auteure, j’aurais forcément un regard de mère couveuse par rapport à mon oeuvre. Toutefois, j’apprécierais que le public s’en fasse sa propre idée et que ce roman, que j’espère engagé par les thématiques variées qu’il aborde et qui n’ont pas de frontières ( amour, solitude, écologie, relations familiales, humour,etc…) puisse trouver un écho auprès de tout lecteur quel que soit son pays, même si l’action se déroule à Mboa-States.
Le 17 octobre prochain sera précisément consacré à cette rencontre avec vos lecteurs. Que réservez-vous au public à l’occasion de cette journée de dédicace et, au-delà de l’achat d’un livre et d’une signature, pour quelles raisons souhaitez-vous que les amoureux de littérature viennent nombreux partager ce moment avec vous ?
La dédicace est un moment d’échange. Mon souhait est de faire découvrir mon univers, mon parcours au public qui viendra par curiosité. La scène littéraire est une jungle, organiser une dédicace est l’occasion de se démarquer et de dire au public : J’écris , comme beaucoup d’autres, voici cependant ma particularité.. Dès lors le lecteur a le choix car il est le seul juge, au-delà de tout !

Merci pour ce coup de projecteur rafraîchissant .