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A peine quelques jours après avoir procédé à un remaniement gouvernemental majeur et mis fin aux fonctions de son Premier ministre sortant, le président Bassirou Diomaye Faye a réuni son nouveau gouvernement pour un premier Conseil des ministres qui marque déjà une rupture de ton et de méthode. Le message du chef de l’État est sans ambiguïté ; le temps de l’installation est terminé, celui des résultats commence. En félicitant le nouveau Premier ministre, Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo, ainsi que les membres de son équipe, le président a rappelé la gravité du contexte national, caractérisé par des défis politiques, économiques, sociaux et sécuritaires qui exigent un engagement total de l’exécutif. Au-delà des formules protocolaires, c’est surtout la philosophie de gouvernance exprimée lors de cette réunion qui retient l’attention. « Les hommes passent, les institutions demeurent », a rappelé le président. Une déclaration qui résonne comme un rappel à l’ordre dans un paysage politique où les personnalités ont parfois tendance à prendre le pas sur les institutions. Cette affirmation de la primauté de l’État intervient dans un contexte particulier. Le départ du Premier ministre sortant, considéré par certains comme un proche politique du chef de l’État, a alimenté de nombreux débats au sein de l’opinion publique et des milieux politiques. Les réactions observées depuis quelques jours illustrent d’ailleurs les fractures qui traversent la majorité et le camp du changement porté au pouvoir en mars 2024.

Entre ceux qui saluent le retour à une pratique institutionnelle plus classique et ceux qui dénoncent un gouvernement dépourvu d’assise politique solide, les commentaires reflètent des attentes parfois contradictoires. Certains observateurs voient dans cette nouvelle équipe une administration davantage technocratique que politique. D’autres y lisent la volonté présidentielle de privilégier la compétence et l’efficacité à l’équilibre des courants partisans. Les critiques n’ont pas tardé à émerger. Pour certains militants du mouvement patriotique, cette recomposition gouvernementale pourrait éloigner le pouvoir de sa base militante. D’autres continuent de considérer Ousmane Sonko comme la figure centrale du projet politique ayant conduit à l’alternance et espèrent le voir jouer un rôle plus déterminant dans les échéances futures. À l’inverse, plusieurs voix saluent la fermeté du président et son insistance sur le respect des institutions. Elles estiment qu’une démocratie mature ne peut reposer sur le culte de la personnalité, mais sur la solidité des règles, des procédures et de l’État de droit. Ce premier Conseil des ministres apparaît ainsi comme un moment charnière. Plus qu’une simple réunion gouvernementale, il constitue un signal politique adressé à l’administration, à la majorité et à l’ensemble du pays : l’heure est au travail, à la discipline collective et à l’obligation de résultats. Reste désormais à savoir si cette nouvelle équipe saura transformer cette exigence présidentielle en réalisations concrètes. Car, au-delà des discours et des symboles, ce sont les réponses apportées aux préoccupations quotidiennes des Sénégalais qui détermineront le succès ou l’échec de cette nouvelle phase du mandat de Bassirou Diomaye Faye.

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