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À quelques jours de  l’élection présidentielle prévue pour octobre 2025, un tournant inattendu s’annonce dans le camp présidentiel : le président Paul Biya, 92 ans, a décidé de conduire lui-même plusieurs étapes majeures de sa campagne électorale. L’annonce, relayée par le journaliste Bruno Bidjang sur ses réseaux sociaux, a provoqué un branle-bas général au sommet de l’État. C’est dans la nuit du jeudi 12 au vendredi 13 septembre dernier, au cœur du Palais de l’Unité, que le chef de l’État a réuni ses plus proches collaborateurs pour faire part de sa décision. Selon des sources proches du pouvoir, Paul Biya a instruit personnellement son Directeur du Cabinet Civil, Samuel Mvondo Ayolo, ainsi que le Secrétaire Général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, de son choix de descendre sur le terrain. Cette décision, qualifiée de « stratégique » par certains observateurs, marque un tournant historique, dans un pays où le président est souvent resté en retrait pendant les campagnes, laissant l’appareil du RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais) conduire la mobilisation. Le programme annoncé s’articule autour de villes hautement symboliques dans l’histoire du Cameroun et du « Renouveau national » porté par le président sortant :Bertoua, capitale de la région de l’Est, où Paul Biya prévoit d’inaugurer le barrage de Lom Pangar, symbole de sa politique énergétique.

 

Douala, capitale économique, où les travaux du Port autonome seront mis en valeur, fruit d’une modernisation entamée depuis 2011. Maroua, dans l’Extrême-Nord, accueillera le couple présidentiel pour un séjour de trois jours, salué comme un geste fort envers une région fidèle au RDPC. Monatélé, dans la Lékié (région du Centre), et enfin Akono, le village natal du président, où il souhaite faire une halte spirituelle en souvenir de ses années de formation religieuse. Si cette mobilisation personnelle du chef de l’État a suscité l’enthousiasme de certains partisans, elle a également réveillé une vague de scepticisme sur les réseaux sociaux. Plusieurs citoyens s’interrogent : pourquoi maintenant ? Pourquoi reconnaître des localités naguère oubliées ? Pourquoi cette volonté soudaine d’aller vers le peuple après plus de 40 ans de pouvoir ? Des critiques ont émergé, notamment après une sortie médiatique de Brenda Biya, fille du président, appelant publiquement à ne pas voter pour son père. Une prise de position qui a étonné et divisé, renforçant le climat tendu autour du scrutin à venir.

 

Malgré ces voix discordantes, les équipes du Palais s’activent. Selon les informations relayées par Bruno Bidjang, la Direction de la Sécurité Présidentielle, le Commandement de la Garde Présidentielle, ainsi que les cellules politiques du parti au pouvoir sont déjà à pied d’œuvre. Ces visites présidentielles s’inscrivent dans la suite des concertations stratégiques menées par le Chef de l’État, où élus, chefs traditionnels et forces vives de la nation ont exprimé leur volonté de voir le président être plus proche du peuple. Paul Biya semble vouloir y répondre par des actes, en optant pour une campagne de terrain, ce qui pourrait surprendre tant par la forme que par l’envergure annoncée. Cette entrée en scène du président marque, pour le RDPC, le véritable coup d’envoi de la présidentielle 2025. Le mot d’ordre est clair : mobiliser, rassurer et convaincre, dans un contexte politique et social de plus en plus polarisé. Qu’on l’applaudisse ou qu’on le critique, Paul Biya semble décidé à écrire lui-même le dernier chapitre de sa longue carrière politique. La campagne s’annonce inédite. Reste à savoir si le terrain répondra à cet appel tardif du chef de l’État, et si les Camerounais, en octobre 2025, voudront prolonger ou tourner la page d’un règne long de plus de quatre décennies.

(sources, profil Facebook de Bruno Bidjang)

 

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