0 5 minutes 12 mois

 

Par David Eboutou

Alors que le soleil se couche sur un jour marqué par la proclamation de la volonté de notre nation, et que les brumes s’installent sur le Mont Cameroun tandis que le vent murmure à travers les plaines du Nord, s’élève une prière : que le souffle de la paix se répande à nouveau sur notre terre. Des profondes forêts de l’Est jusqu’aux champs dorés du Nord-Ouest, des rivages de Limbé où la mer rejoint le ciel jusqu’aux collines de Bamenda où les prières montent comme la fumée d’un feu sacré, que l’esprit d’unité coule tel le fleuve Sanaga,  purifiant, guérissant et nous liant à nouveau comme un seul peuple. Nous remettons entre les mains de Dieu notre président élu, Paul Biya, ainsi que tous ceux qui portent le fardeau du leadership en cette période fragile. Puisse la sagesse, et non l’orgueil, guider leurs pas ; que la justice, et non la peur, fonde leurs décisions. Qu’ils gouvernent non en maîtres du pouvoir, mais comme des intendants d’une confiance sacrée.

 

La terre, pourtant, tremble. À Douala comme à Yaoundé, les cris du mécontentement résonnent. À Dschang et à Garoua, les cœurs impatients de la jeunesse battent comme des tambours d’attente. Ô Seigneur, écoute le soupir de cette nation qui aspire à la vérité et au renouveau. Que les divisions, telles les tempêtes sur Waza et Kumba, s’apaisent et laissent place à la compréhension. Que le pardon tombe sur nous comme la pluie sur le Sahel desséché, adoucissant le sol aride du ressentiment. Que la lumière qui guida jadis nos ancêtres à travers les sentiers de la forêt éclaire aujourd’hui notre marche dans cette saison d’incertitude. Bénis les buyam-sellams, ces mères courageuses qui gardent l’espérance vivante sur les marchés, les enfants qui rêvent au bord du Logone, du Nyong ou du Menchum, et les anciens qui se souviennent que la paix n’est pas faiblesse, mais une force née de la patience et de la prière. Et que chacun s’interroge : qu’est-ce que le pouvoir sans la miséricorde, lorsqu’il se dresse tel un sceptre vide, sourd aux cris des pauvres et aveugle aux larmes qui irriguent notre sol ? Qu’est-ce que le leadership sans la confiance du peuple, ce pacte fragile brisé comme la paix précaire de notre diversité ?

 

Comment célébrer des élections remportées si l’on n’a pas su gagner le cœur du peuple ? Puissent les vents des hauts plateaux emporter l’amertume, et la terre qui a porté nos héros faire germer les semences d’une justice nouvelle. Que le soleil, qui éclaire aussi bien Kribi que Mora, nous rappelle qu’aucune ombre n’est éternelle. Ô Esprit du Dieu vivant, relève le Cameroun, non pas dans le fracas des proclamations ou dans la confrontation, mais dans le calme courage de la vérité et de la conscience. Insuffle l’humilité à nos dirigeants, la patience à nos citoyens et la sagesse à notre esprit collectif pour réparer ce qui nous divise. Que le dialogue remplace la discorde, et que l’unité renaisse des cendres du doute. Dans la compassion infinie de Dieu, que le Cameroun s’avance vers l’aube de la vérité, de la justice et de la réconciliation.

 

N.B Ce texte, initialement rédigé sous forme de poème et attribué à Caxton Ateki, candidat à l’élection présidentielle de 2025, a fait l’objet d’une réécriture par David Eboutou, dont est issue la version que nous publions aujourd’hui.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *