Mag-Afriksurseine-Mars-2024

CAMEROUN : PAUL BIYA PRETE SON HUITIEME SERMENT PRESIDENTIEL

 

Paul Biya : le serment d’un destin, le serment d’un peuple.

Le 6 novembre, un rituel républicain devenu symbole.

 

Nous sommes le 6 novembre 2025. Un homme avance. Ce n’est plus le jeune technocrate vif et pressé de 1982, mais un sage aux pas mesurés, porteur d’un long destin. Il marche lentement, presque en silence, entouré d’un cortège vigilant qui veille sur lui comme sur un trésor d’État. Ses gestes sont lents, mais assurés, empreints de la gravité de ceux qui savent le poids du temps et de la responsabilité. Devant lui s’étend l’hémicycle, derrière lui, toute une histoire. Le président Paul Biya, à pas pesants, avance vers un nouveau serment, vers un nouveau mandat, comme il le fit quarante-trois ans plus tôt. Ce jour-ci,  il ne s’avance pas seulement vers le pupitre du pouvoir : il s’avance vers la mémoire d’un peuple. Car Paul Biya n’est pas un homme ordinaire. Sa  trajectoire dépasse le simple cadre politique pour se confondre avec la légende d’un pays.

 

Le temps a marqué son visage, mais non sa volonté. Dans son regard se mêlent la fatigue des batailles et la sérénité de ceux que le destin a choisis pour durer. Autour de lui, les drapeaux flottent, les hymnes s’élèvent, et le peuple, ému, observe celui qui, depuis plus de quatre décennies, incarne la continuité de la République. Ce 6 novembre 2025, Paul Biya ne prête pas seulement serment : il renouvelle un pacte avec l’histoire, avec Dieu, et avec le Cameroun tout entier. Ce 6 novembre restera donc  gravé dans la mémoire collective des Camerounais. Pour la huitième fois de sa longue carrière politique, le président Paul Biya a prêté serment devant la représentation nationale, renouvelant ainsi son engagement à diriger le Cameroun pour un nouveau mandat de sept ans. Imperturbable, serein, presque intemporel, l’homme du 6 novembre est revenu, fidèle à sa propre légende, dans une cérémonie à la fois solennelle et chargée d’émotion. D’un geste lent, il a levé la main, prêtant serment devant Dieu et la Nation. Pour la première fois, le chef de l’État a invoqué le nom divin dans son allocution, affirmant : « La charge que Dieu et le peuple m’ont confiée… »  une phrase qui a résonné comme une profession de foi.

Une cérémonie grandiose et un parterre d’élites

Dans l’hémicycle, toutes les figures majeures de la République étaient présentes : ministres, députés, corps diplomatique, dignitaires et intellectuels. Parmi les invités de marque, la présence de Samuel Eto’o Fils a suscité une vive attention, symbole d’un Cameroun où le sport, la culture et la politique se croisent désormais sous le regard de la Nation. À travers tout le pays, l’événement a été suivi avec ferveur. Beaucoup de Camerounais, émus par la portée historique de l’instant, ont choisi de suspendre leurs activités pour vivre ce moment, véritable rituel républicain.

 

Un homme d’État face à l’histoire

Depuis plus de quatre décennies, Paul Biya demeure une énigme politique : calme, réfléchi, parfois distant, mais toujours présent. Ses partisans voient en lui un homme de destin, un stratège hors pair dans un environnement politique complexe. Le Cameroun, à bien des égards, est un pays singulier où la stabilité repose souvent sur la continuité. Et cette continuité, Biya l’incarne avec une force tranquille, malgré les années et les tempêtes. Sa compagne, Chantal Biya, continue d’apparaître comme une figure de soutien indéfectible. Par son élégance et son engagement discret, elle symbolise cette dimension humaine du pouvoir, celle d’une épouse qui accompagne, soutient et partage le poids du destin national.

Entre défis et espérances

Dans son discours d’investiture, le président Biya a mesuré la gravité des défis qui s’imposent à la Nation : « Au moment de prendre mes fonctions, je mesure les défis auxquels nous sommes confrontés. Je mesure l’importance des responsabilités qui vont être celles du président. » Il a promis de placer la jeunesse et les femmes au cœur de ses priorités : « La situation des jeunes et des femmes sera au centre de mes préoccupations durant ce septennat. » Il a également annoncé la reprise des études doctorales dans les universités et la relance des concours dans les écoles normales, signaux forts d’une volonté de redonner espoir à la jeunesse intellectuelle du pays. Sur le plan sécuritaire, le chef de l’État a salué la bravoure des forces de défense et de sécurité, qui, selon lui, ont su préserver la paix et l’unité nationale face à des « politiciens irresponsables ». « L’ordre régnera, et le Cameroun continuera d’avancer. » L’attente d’un nouveau souffle. Toutefois, au-delà de la solennité du moment, les attentes demeurent nombreuses. Le pays traverse une période de flottement institutionnel : certains postes ministériels sont vacants, les conseils ministériels se font rares, et les voix du peuple réclament des réformes profondes. Beaucoup espèrent que ce nouveau mandat sera celui du renouveau, de la gouvernance participative et d’un dialogue plus direct entre le pouvoir et les citoyens.

Un héritage à préparer.

L’histoire retiendra sans doute que Paul Biya aura été l’un des derniers géants d’une génération politique. Mais elle retiendra aussi qu’un jour, les réformes à venir devront encadrer la durée du pouvoir et préparer la relève. Pour l’heure, le président, conscient du poids de son héritage, semble vouloir inscrire son nom, non seulement dans la durée, mais dans la mémoire d’un peuple qui l’a vu gouverner, vieillir, résister et jurer encore, ce 6 novembre, fidélité à sa promesse première : servir le Cameroun.

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